Pourquoi un badge RFID peut être cloné
Un badge RFID contient une puce et une antenne. Lorsqu'il passe devant un lecteur, celui-ci l'alimente par ondes radio et lit les informations qu'il renvoie. Tout dépend alors de ce que le badge transmet, et de la façon dont il le protège.
- Les badges basse fréquence (125 kHz). Très répandus dans les bâtiments anciens, ils se contentent souvent d'envoyer un identifiant fixe, en clair, sans aucune authentification. N'importe quel lecteur compatible peut le lire, et l'identifiant peut ensuite être réécrit sur une carte vierge avec un copieur vendu à bas prix.
- Les badges MIFARE Classic (13,56 MHz). Ils utilisent un chiffrement propriétaire, Crypto-1, dont les faiblesses ont été rendues publiques par des chercheurs dès 2008. Leurs clés peuvent être retrouvées, ce qui permet de dupliquer le badge.
- La lecture à distance. Un badge radio répond à tout lecteur suffisamment proche. Avec une antenne plus puissante, un attaquant peut le lire plus loin que prévu, par exemple dans une file d'attente ou un ascenseur.
- Les attaques par relais. Même un badge bien chiffré peut être « prolongé » : deux appareils relaient le signal entre le badge, resté dans une poche, et une porte située plus loin. La porte croit dialoguer avec le vrai badge.
Vos badges sont-ils vulnérables ?
Pour le savoir, il faut identifier la technologie utilisée. Elle figure parfois sur le badge lui-même ; sinon, votre installateur ou le fournisseur de votre système de contrôle d'accès peut vous la communiquer. En règle générale :
- un badge 125 kHz doit être considéré comme copiable ;
- un badge MIFARE Classic l'est aussi, malgré son chiffrement ;
- les cartes à authentification forte (par exemple de la famille MIFARE DESFire, dans leurs versions récentes et correctement configurées) résistent bien mieux à la copie, mais restent des badges radio, donc exposés au relais.
Comment protéger vos accès
- Abandonner les badges les plus faibles. Remplacer les badges 125 kHz et MIFARE Classic par des cartes à authentification forte, avec des clés propres à chaque site.
- Ajouter un second facteur sur les zones sensibles. Un code, ou une vérification supplémentaire, empêche qu'un badge copié suffise à entrer.
- Gérer les droits et surveiller les passages. Retirer rapidement les accès des personnes qui partent, et consulter les journaux pour repérer les passages anormaux.
- Dématérialiser les badges. Un identifiant porté par le smartphone peut reposer sur des codes éphémères, renouvelés à chaque passage : une copie n'a alors plus de valeur. Attention toutefois : si l'échange se fait par radio (NFC ou Bluetooth), le risque de relais demeure et doit être traité. Notre guide de la dématérialisation des badges compare les différentes approches.
- Supprimer le canal radio. C'est le choix d'AuthFlash : le flash du smartphone transmet une clé cryptographique éphémère par la lumière, que le lecteur ne reçoit que dans son axe. Il n'y a pas de signal à capter à distance, et un code intercepté est refusé par le serveur s'il est rejoué. Vous pouvez l'essayer dans notre démonstration interactive.
En résumé
Le clonage de badge n'est pas une menace théorique : il vise d'abord les technologies les plus anciennes, encore très présentes. La première étape consiste à savoir quels badges vous utilisez. Ensuite, chaque mesure compte : cartes plus robustes, second facteur, gestion rigoureuse des droits et, à terme, dématérialisation. Pour en parler avec nous, contactez l'équipe AuthFlash.
Cet article a une visée informative et préventive : il ne décrit volontairement aucune procédure de copie.