Ce qui s'est passé
Le 20 octobre, un message publié puis supprimé sur un forum décrivait deux vulnérabilités inédites dans le langage PHP, vidéo d'un outil baptisé « PHP2Shell » à l'appui. Face à cette fuite, l'équipe de sécurité de PHP a avancé sa publication et diffusé les correctifs dès le lendemain, le 21 octobre.
- Deux failles : CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619, notées 9,2 sur 10 (CVSS v4.0).
- Exécution de code à distance sans authentification : un attaquant peut faire exécuter ses propres commandes au serveur, sans avoir de compte.
- Versions corrigées : PHP 8.5.12, 8.4.27, 8.3.36 et 8.2.35.
- Une exposition massive : selon la société Mallory, citée par The Hacker News, environ 884 000 serveurs accessibles sur Internet affichaient une version de PHP 8.1 ou plus ancienne.
Le jour même, Cloudflare indiquait observer de premières attaques et déployait des règles de protection, tandis que Patchstack ne relevait encore, à ce stade, que des tentatives de repérage, sans preuve formelle d'intrusion. La situation évolue vite : la mise à jour reste la seule protection fiable.
Quel rapport avec vos badges ?
Un système de contrôle d'accès ne se résume pas aux lecteurs fixés au mur. Derrière, il y a presque toujours un logiciel de gestion : une interface web où l'on crée les utilisateurs, attribue les droits, consulte l'historique des passages et, souvent, commande l'ouverture des portes à distance. Ces interfaces reposent sur des technologies web classiques et tournent sur des serveurs qui, eux aussi, doivent être mis à jour.
C'est là que le risque change de nature. Un attaquant qui prend le contrôle de ce serveur n'a plus besoin de cloner un badge. Selon les systèmes, il pourrait :
- se créer un compte et s'attribuer les droits sur les portes de son choix ;
- réactiver un badge censé avoir été révoqué ;
- déclencher une ouverture à distance ;
- effacer ou modifier l'historique des passages pour masquer sa présence.
Rien n'indique à ce jour que des systèmes de contrôle d'accès aient été visés par PHP2Shell. Mais l'épisode rappelle une réalité souvent oubliée : la sécurité physique dépend aussi de la sécurité informatique. C'est l'une des formes de la dette de sécurité dont nous parlions hier : des serveurs qui fonctionnent, mais que personne ne pense à mettre à jour.
Que faire dès maintenant ?
- Inventorier tous les serveurs qui utilisent PHP, y compris ceux de la vidéosurveillance, de l'interphonie et du contrôle d'accès. En cas de doute, interrogez votre fournisseur ou votre installateur.
- Mettre à jour vers une version corrigée, en commençant par les serveurs accessibles depuis Internet.
- Isoler les logiciels de gestion des accès : ils n'ont généralement pas besoin d'être exposés sur Internet. Un accès par VPN et un réseau séparé réduisent fortement le risque.
- Surveiller les signaux anormaux : nouveaux comptes administrateurs, droits modifiés, ouvertures à distance à des heures inhabituelles.
- Protéger les comptes d'administration : mots de passe uniques et double authentification.
L'approche AuthFlash
Aucune technologie ne dispense de sécuriser ses serveurs, et AuthFlash ne fait pas exception. Mais la conception du système limite ce qu'un attaquant peut obtenir. Avec AuthFlash, une solution BatyTech, le badge n'est plus un identifiant fixe stocké quelque part : au moment du passage, le flash du smartphone transmet une clé cryptographique éphémère, reçue par un lecteur optique uniquement en ligne de vue. Le serveur valide ce code dynamique et refuse toute tentative de rejeu.
Conséquence : une liste d'identifiants dérobée ne permet pas de fabriquer de copies, et un code déjà utilisé ne vaut plus rien. Les droits se gèrent depuis une plateforme centrale et son API, ce qui permet de révoquer un accès immédiatement en cas d'incident. La technologie fait l'objet d'un brevet en cours, et un déploiement est prévu sur les campus de l'EFREI Paris de novembre 2026 à mars 2027 (estimation). Vous pouvez l'essayer dans notre démonstration interactive.
En résumé
PHP2Shell est d'abord une urgence pour les sites web. Mais c'est aussi un rappel utile : une porte n'est pas plus sûre que le serveur qui la commande. Mettre à jour, isoler et surveiller les logiciels de gestion des accès fait partie de la sécurité physique, au même titre que le choix des badges. Pour faire le point sur votre installation, contactez l'équipe AuthFlash.